Via Francigena: Sylvain et Didier sont arrivés à Rome!

Encore un beau défi relevé haut la jambe pour Sylvain Bazin : avaler à pied les milliers de kilomètres qui séparent Canterbury de Rome en suivant la Via Francigena!

Parti le 15 octobre d’Angleterre, il a foulé la place Saint Pierre de Rome avec ses compagnons le 30 novembre, soit samedi dernier.

Voici la première partie d’un diaporama de ses images agrémenté des premières impressions à chaud de ce jusqu’au-boutiste quelques jours après son arrivée.

Sylvain, Rome, lundi 2 décembre, 10h52:

« Voici trois jours que je suis parvenu sur la place Saint-Pierre de Rome, le terme de mon voyage sur la Via Francigena. Bien des émotions se sont mêlées dans mon esprit après cette arrivée. Ces 2200 kilomètres entre Canterbury et Rome m’ont apporté tant de rencontres et de découvertes.

Voyager ainsi, à la seule force des mollets, vous fait aller à la rencontre des lieux, des hommes, d’une façon différente. Ainsi, entre la très britannique cité d’où Sigéric s’était élancé en 990 (le parcours reprend l’itinéraire de cet évêque anglais du Xe siècle, venu à Rome recevoir son titre d’archevêque), et la cité éternelle, que de changements, de variété de paysages, de reliefs, mais aussi d’architecture et de culture. Mais à pied, contrairement à un mode de déplacement rapide, on ressent ces changements presque sans s’en apercevoir, sur un rythme naturel : la montagne succède à la plaine, la forêt aux champs, les collines s’élèvent, la végétation se fait plus méditerranéenne, mais tout coule dans un ensemble, une harmonie.

C’est la même chose au niveau de l’architecture. Je m’arrête devant une maison en pierre de taille de Franche-Comté : je repense que quinze jours auparavant, j’étais dans le Ch’nord, pays de la brique rouge…et bien sûr les nuances de modes de vie m’apparaissent aussi, même si finalement j’ai débuté ce voyage par un cappuccino avec un artiste britannique à Canterbury, et terminé mon périple autour du même breuvage à Rome, entouré de mes amis italiens.

Ce voyage à pied était aussi une grande chaîne d’amitié et de partage, comme un symbole de l’Europe unie et multiple, qui m’a beaucoup touché. Mon voyage a débuté par une grande traversée des champs de bataille de la première guerre mondiale, avec des cimetières militaires durant des kilomètres, et notre situation politique a heureusement bien changé. Il ne faut jamais l’oublier.

Voyager à pied, c’est aussi se découvrir. Dans ce sens là aussi, cette Via Francigena m’a encore apporté des choses nouvelles dans la connaissance de moi-même.

Physiquement, et psychologiquement aussi, ce voyage s’est passé en deux temps: le premier, du départ en Angleterre au Grand Saint-Bernard, à travers la France et la Suisse, où j’ai surtout marché (vite, en mode Fast Hiking) avec mon sac de 7,5 / 8 kilos sur les épaules (j’avais prévu des habits chauds, notamment pour passer le col et affronter les rigueurs de l’automne, et j’ai eu de la chance globalement avec la météo, seules quelques jours de fortes pluies m’ont affecté), le second, à travers l’Italie du Val d’Aoste à Rome, où, bénéficiant d’une super équipe d’assistance grâce notamment à Stefano Marta et Sergio Gallicet de Mandala Trail, j’ai pu courir avec un sac de 1 à 2 kilos, léger.

Ces deux modes de déplacement, certes tous proches, apportent des sensations tout de même différentes. Et c’est vrai que ces 1000 derniers kilomètres en courant m’ont plu et étonné. Je n’avais plus connu de telles sensations de coureur à pied depuis longtemps et j’ai été surpris de pouvoir courir entre 10 et 12 km/h, sur des terrains variés, 50 kilomètres par jour en moyenne, aussi agréablement, presque sans fatigue. J’ai vraiment aimé ça.

En me déplaçant plus vite, et aussi avec le formidable travail réalisé par mes partenaires italiens, j’ai pu prendre beaucoup plus de temps pour visiter et pour rencontrer en Italie ; et ça tombe bien car la Via Francigena en Italie est vraiment un parcours splendide au niveau naturel et culturel.

Cette traversée italienne, à travers le Val d’Aoste, le Piémont, l’Emilie Romagne, la Toscane et le Lazio révèle toute la beauté du nord et du centre de la botte: le potentiel touristique, auquel on croit beaucoup ici, j’ai pu le constater dans les accueils qui nous étaient réservé et dans l’enthousiasme généré autour de mon projet, est vraiment fort. La Via Francigena n’a vraiment rien à envier au Camino Frances, vers Saint-Jacques, sinon sa notoriété. »

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